lun.

02

mars

2015

Calligraphie et Corps

Je suis tombée par hasard sur un hors-série du Nouvel Observateur: "Comprendre les pensées de l'Orient" (numéro 71). Un article fort intéressant a retenu mon attention: "Comprendre par le corps: Le geste parfait" de Xavier Pietrobon. Je vous en livre quelques passages:


"En calligraphie comme dans les arts martiaux, l'élève doit imiter un modèle qui va guider ses premiers pas et conditionner sa pratique.....Cependant l'écriture d'un caractère chinois ne repose pas tant sur un aspect visuel, comme pour imiter une image: Elle s'inscrit plutôt dans une dimension gestuelle. Dans la calligraphie, il faut ressentir le tracé de l'intérieur, à la manière d'une empreinte énergétique que le geste va reproduire."


"Utiliser la mémoire motrice permet d'investir et d'intégrer le geste bien plus en profondeur. Il s'agit ici d'une forte expression de la personnalité: La construction, l'élaboration du geste doit correspondre au potentiel précis d'un individu, et non relever d'une norme s'imposant à tous.

Le geste relève  d'une conquête personnelle; il ne peut être transmis par le langage."


"C'est pourquoi l'intégration implique également une assiduité dans la pratique. L'objectif visé est véritablement une incorporation, afin que le geste soit profondément ancré dans le corps. D'où la nécessité d'une pratique quotidienne. C'est à cette condition  que l'activité sera pleinement intégrée au fonctionnement de l'individu et pourra devenir spontanée.....Ainsi, la calligraphie comme les arts martiaux visent l'expression spontanée. Pour la première, elle représente l'aboutissement du travail artistique avec l'émergence d'un style propre. Pour les seconds, elle signe l'efficacité d'un système de défense devenu instinctif, d'où une grande réactivité."


En relisant tout cela, je comprends mieux pourquoi Mme Matsunaga m'a dit un jour, avec une pointe d'humour (je n'avais pas pu assister au cours pendant 2 semaines) :"La calligraphie, c'est comme le vélo ! ça revient vite car tu apprends avec ton corps"

Comme elle avait raison ce jour-là !

C'est toujours une grande difficulté ici: Comment expliquer aux élèves quelque chose que l'on ressent à l'intérieur de soi ?


Xavier Pietrobon a réalisé une thèse sur le rapport corps/esprit dans le taiji quan, il nous explique "La parabole du charron Pien". Ce dernier montre l'insuffisance du langage, mais aussi de l'intellect, en ce qui concerne l'apprentissage et la maîtrise d'une pratique corporelle:"Il y a là un tour que je ne puis exprimer par des mots, de sorte que je n'ai pu le transmettre à mes fils" et Xavier Pietrobon poursuit:" L'imitation a donc ses limites. ...Se limiter à suivre les mouvements du professeur empêche d'habiter son propre corps, parce que l'attention est focalisée sur celui d'un autre, et que cela place le pratiquant dans un modèle visuel de compréhension, qui l'éloigne de son propre ressenti interne." 





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mar.

03

févr.

2015

Aujourd'hui, c'est la fête de Setsubun dans tout le Japon

C'est un grand évènement et l'occasion d'admirer de magnifiques costumes de démons. Dans l'archipel, on célèbre l'arrivée du printemps ce jour-là.

Les diables rouges et verts sont chassés à coup de lancer de haricots secs dans les temples, c'est un grand moment de joie et tout le monde y participe. J'adore ce festival, tout en couleur avec une magnifique symbolique: Faire entrer le bonheur dans sa maison. En effet, la foule crie: "Oni wa soto, fuku wa uchi", "les démons dehors, le bonheur dans la maison"

Si vous allez en voyage à cette période, ne ratez pas cet évènement, vous aurez une autre image des japonais: Beaucoup de sourires, d'humour et la facilité à réveiller son âme d'enfant....car cette fête est toujours célébrée dans les crèches et écoles et beaucoup de gens éprouvent une certaine nostalgie lors de cet évènement.

Nous avions la chance d'habiter près d'un temple, Mibu dera, qui est très réputé pour la qualité de ses mini pièces de théâtre jouées en cette occasion: Le démon chassé par le paysan. A voir absolument ! je crois qu'en 10 ans, je n'en ai raté qu'une ou deux.



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Vidéo réalisée pour les vœux 2015 de la banque Natixis, mécène de l'exposition Hokusai au Grand Palais. Un grand moment pour moi et fière d'avoir participer à ce projet avec l'agence 3Degrés de Paris:http://3degres.fr/project/natixis/:

Etre présent dans son geste est le plus important pour progresser en calligraphie japonaise...(S.Hamaguchi)

LA CALLIGRAPHIE JAPONAISE

La calligraphie du grec "kallos", beauté et graphein "écrire", correspond pour notre vision occidentale à une belle écriture.

Mais au Japon, elle prend un tout autre sens et calligraphie, appelée SHODÔ, exprime la voie de l'écriture, le chemin où l'être se dépasse par cet enseignement spécifique.

Une calligraphie s'admire, non pas debout, mais assis à même le sol, d'où la difficulté à la comprendre esthétiquement.

La calligraphie est un art: Equilibre noir et blanc, lignes, composition, rythme. Elle englobe aussi une autre forme d'art: La littérature.

Malgré ses origines chinoises, la calligraphie japonaise se différencie de la calligraphie chinoise par l'utilisation des syllabaires propres à l'écriture japonaise. Ces syllabaires, appelés "kana", englobent les "hiragana" et les "katakana". Ils sont apparus durant l'époque de Nara et de Heian (VIIIème et XIIème siècles), moment où l'on assiste à une grande production d'oeuvres littéraires.

La calligraphie permet à l'homme de canaliser son énergie ou à l'extérioriser comme ce célèbre calligraphe chinois, Huai Su qui ne pouvait créer qu'aprés avoir bu ou admiré quelques danseuses ! Certaines de ces calligraphies auraient même été exécutées avec sa chevelure imbibée d'encre ! 

 

AGENDA STAGES 2014/2015

A CREST

Le 15 mars 2015

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